LEO FERRE, LES PEINTRES ET LES PHOTOGRAPHES....

" L'art c'est les larmes " disait Léo Ferré, lui qui un jour dans un musée avait pleuré devant
une toile de Vincent Van Gogh. Léo Ferré était envahi et bouleversé jusqu'aux larmes par
la vérité transfigurée, la fulgurance visuelle du peintre fou de mélancolie et de soleil.

le magistral art poétique et musical de Léo Ferré ne pouvait donc pas avoir les yeux fermés
sur les arts dits plastiques. La peinture, le dessin, la gravure, la sculpture, la photographie
trouvent en son oeuvre les fameuses correspondances chères à Charles Baudelaire.
Ou plutôt le chant d'amour des mots et de la musique de Léo Ferré porte en ses portées
illuminées les ferments profonds des arts nés de la lumière, sur la plus haute tour
de son génie protéiforme.

L'oeuvre immense de Léo Ferré en témoigne.
Les plus grands créateurs d'images, de formes et de couleurs viennent souvent visiter
les flamboyantes clameurs du poète en proie aux visionnaires créateurs de tous les temps.
Vincent Van Gogh, Léonard de Vinci, Odilon Redon, Auguste Renoir, Théophile-Alexandre Steinlen,
Antonio Pisanello, Honoré Daumier, que Léo Ferré a souvent cités, sont ses frères humains
et d'imaginaire. L'invention et la puissance d'évocation de sa musique et de ses mots font jaillir
en nous des compositions littéralement visuelles où lignes baroques et construites, matières tactiles,
reliefs magiques et éclairages choisis nous pénètrent comme si vraiment nous les touchions des yeux,
posant nos doigts sur la trame ultra sensible de la toile. (Charles Szymkowicz)

"Le graphisme c'est un peu la musique du papier. Les lettres chantent, des fois et les yeux à l'écoute
les prennent dans la gorge. Tout se rejoint..." écrit Léo Ferré en 1970 à Charles Szymkowicz dans
le premier des textes que le musicien-poète consacre au peintre-dessinateur.

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